En partie. La demande d’effacement RGPD couvre tout ce que votre Kastel garde en mémoire de la personne concernée : ses copies brutes, l’index qui en dérive, et les faits qu’une IA en avait tirés reviennent en validation humaine. Elle n’atteint ni la chaîne d’audit scellée qui prouve l’opération, ni vos sauvegardes hors Kastel, ni le système source tant qu’il conserve encore le document lui-même.
Ce que le service juridique traite, et ce à quoi personne ne pense
Une ancienne cliente écrit un jour à votre entreprise pour demander l’effacement de ses données personnelles, au titre de l’article 17 du RGPD. Le service juridique répond en quelques jours pour les systèmes qu’il connaît par cœur : le CRM, la facturation, la messagerie. Personne, en revanche, ne pense spontanément à l’assistant IA que le service client a branché sur ces mêmes outils l’année dernière.
Ce n’est pas de la négligence. C’est que cet assistant n’a jamais eu de dossier étiqueté « les données de cette personne ». Il a lu des copies dispersées à travers plusieurs connecteurs, retenu des réponses qui la mentionnent, accumulé un historique de questions posées à son sujet. Rien de tout cela n’a de propriétaire évident, et une IA qui répond faux avec assurance sur une personne qu’on croyait avoir effacée est un incident bien plus coûteux qu’un simple oubli administratif.
Une entreprise qui ne traite que les systèmes qu’elle sait nommer répond à moitié à une demande d’effacement, et le moitié qui manque est précisément celle qu’un régulateur regarde en premier.
Deux demandes qu’on confond, à tort
« Coupez l’accès de cette personne » et « elle exerce son droit à l’effacement » arrivent parfois le même jour, et n’appellent pas la même réponse. Couper un accès - celui d’un salarié qui part, par exemple - ne supprime rien : ce que la personne a écrit reste, parce que ce savoir appartient à l’entreprise, pas à elle. Nous détaillons ce geste précis, ce qu’il retire d’un coup et ce qu’il laisse volontairement en place, dans quand un salarié part, que devient ce qu’il savait.
L’effacement RGPD est une demande différente, et souvent posée par quelqu’un d’extérieur à l’entreprise : un client, un candidat non retenu, un ancien salarié qui revient sur ses propres données personnelles après son départ. Elle ne porte pas sur un accès à retirer, mais sur une trace à faire disparaître. Confondre les deux traitements dans un même geste produit à chaque fois la mauvaise réponse : soit on efface un savoir d’entreprise qui n’appartenait pas à la personne, soit on croit avoir répondu à un article 17 en coupant simplement un mot de passe.
Une décision humaine, jamais un automatisme silencieux
Quand un document disparaît à sa source - un fichier supprimé sur un espace partagé, un message effacé dans une messagerie - votre Kastel ne supprime pas sa propre copie de son propre chef. Il la signale dans une file de suppressions en attente, réservée au propriétaire et aux administrateurs, et attend une décision explicite : effacer définitivement, ou ne pas effacer. Un automatisme qui supprimerait tout seul serait aussi dangereux qu’un automatisme qui ne supprimerait jamais rien.
Pour une vraie demande d’effacement RGPD nommant une personne, une boîte mail ou un connecteur entier, un levier distinct existe et couvre tout en une fois : les copies brutes, l’historique de questions, les retours donnés sur les réponses, le relevé de consultation et les traces de travail attribuées à cette personne. L’opération est scellée dans votre chaîne d’audit, avec le nom de la personne qui l’a demandée - jamais le contenu de ce qui a été effacé.
Une nuance que peu de produits tranchent honnêtement : un département peut poser sur une de ses pages un gel destiné à la protéger d’une suppression ou d’une réécriture, pour ses propres raisons de conservation. Ce gel ne bloque jamais un effacement RGPD, et l’effacement RGPD ne lève jamais ce gel par effet de bord. Ce sont deux mécanismes qui répondent à deux questions différentes, et l’un ne l’emporte jamais sur l’autre par accident.
Vérifiez-le vous-même, avant qu’un vrai client ne demande
Rien de tout cela ne s’évalue sur une vraie demande. Le cœur de Kastel s’installe gratuitement sur votre propre infrastructure. Créez une personne fictive, laissez un connecteur de test lire quelques documents qui la mentionnent, posez une question à l’IA branchée à son sujet, puis déclenchez l’effacement complet de cette personne.
Consultez ensuite votre chaîne d’audit : l’opération y figure, scellée, avec son auteur et sa date. Supprimez à part un document ailleurs dans le connecteur de test, et observez la file de suppressions en attente le signaler au lieu de le faire disparaître en silence. Le détail complet des écrans et des commandes vit dans le guide Effacement RGPD.